30 septembre 2026

Temps de lecture : 3 min

“Le naming du championnat masculin et féminin se vend aujourd’hui au même prix.”

Interview. Grégoire Fernandez, directeur du développement chez Hopscotch Sport détaille la stratégie commerciale de la Ligue Nationale de Volley, entre naming, parité et développement des revenus.

La rentrée 2026 commence bien pour Hopscotch Sport. L’agence débute la nouvelle saison avec deux nouveaux contrats de naming : Daikin pour la ligue masculine de handball, et Alterna Energie pour le championnat masculin de volley-ball. Grégoire Fernandez, directeur du développement d’Hopscotch Sport détaille la stratégie de ces opérations marketing. Il partage aussi son regard d’expert sur le marché actuel du sponsoring sportif.

Hopscotch a de nouveau accompagné la Ligue Nationale de Volle dans sa recherche de naming. Pourquoi cette ligue est particulière ?

Grégoire Fernandez : « Un point de différenciation majeur nous a convaincus d’accepter cette mission. C’est actuellement la seule ligue professionnelle à commercialiser conjointement les compétitions masculines et féminines. Pour un annonceur, c’est le seul sport professionnel permettant de faire le choix d’une parité stricte en investissant à la fois chez les hommes et chez les femmes. Cela répond à une demande croissante de sens et d’engagement RSE ».

Comment est né le partenariat titre entre Alterna et le championnat de France de volley ?

G.F. : « Le marché de l’énergie est très dynamique. Nous avons d’ailleurs remporté l’appel d’offres de Plenitude pour l’activation de son naming à la Plenitude Arena [ex-Paris La Defense Arena]. Lorsqu’on étudie les acteurs du secteur, Alterna émerge rapidement, mais avec un point d’attention lié à son engagement auprès d’un club : la marque est déjà sponsor titre du club de Poitiers. En tant qu’agence exclusive, notre rôle est de solliciter l’accord des institutions que nous représentons lorsque nous démarchons des marques susceptibles de créer des tensions politiques internes. La direction générale de la Ligue a donné son accord à une condition stricte : ne pas retirer le sponsor du club de Poitiers au profit de la Ligue. Du coté de l’annonceur, nous sommes arrivés au parfait timing dans sa feuille de route. Alterna venait de racheter un concurrent majeur et devait passer d’une assise très locale à un déploiement national. Elle a donc misé sur un territoire sportif fort en s’engageant pleinement dans le volley ».

Alterna succède donc à Marmara…

G.F. : « Oui, c’est cela. Chez Marmara, la décision de ne pas poursuivre émane du groupe TUI [son propriétaire] à l’échelle internationale qui souhaitait faire évoluer sa stratégie de sponsoring direct. Marmara était une marque spécifiquement française, ce qui avait permis d’exploiter l’ancrage national du sponsoring. Mais lorsque TUI a voulu harmoniser ses actions mondiales, le groupe s’est réorienté vers un sponsoring de destinations, notamment sur les marathons organisés dans des villes où il commercialise leurs offres de voyages. Les équipes françaises de Marmara étaient très déçues par ce retrait, car l’association entre les clubs de vacances et le volley fonctionnait très bien, avec des opérations d’activation réussies et très médiatisées ».

Le naming de la ligue féminine se vend-il au même tarif que celui de la ligue masculine ?

G.F. : « Oui, aujourd’hui c’est le cas. C’est une démarche assez unique. Notre travail a consisté à repositionner le produit volley par rapport aux autres sports collectifs professionnels comme le basket, le handball, le football ou le rugby, dont nous connaissons bien les grilles tarifaires. Nous avons conseillé le président de la Ligue de fixer des tarifs adaptés pour attirer des marques, développer la médiatisation et l’écosystème autour du volley, notamment les réseaux sociaux et la dynamisation dans les clubs. L’objectif est que les budgets augmentent progressivement avec le développement de la discipline ».

Plus globalement, comment se porte Hopscotch Sport ?

G.F. : « zLe marché global reste complexe en raison des incertitudes économiques, géopolitiques et politiques, ce qui entraîne une contraction des investissements. Néanmoins, notre activité pour 2026 se maintient bien. Nous gérons des contrats de naming et de nombreuses activations dans le running. Nous avons notamment signé un contrat majeur de trois ans avec Plenitude pour piloter l’activation de la Plenitude Arena et nous préparons déjà 2027. Les sports de plein air s’en sortent plus facilement, à l’image de notre travail pour la Fédération Française de Cyclisme avec Lidl. En revanche, le football souffre davantage en raison d’exigences financières qui doivent être réévaluées. L’esport connaît également quelques ralentissements ».

Quels conseils pourriez-vous donner aux marques débutant dans le sponsoring ?

G.F. : « C’est le cas pour Alterna ou Daikin que nous avons accompagnées : nous conseillons de bien mesurer l’impact de leur engagement avant d’investir massivement en activation. Cela demande un travail d’explication constant et de storytelling pour que les marques ne se contentent plus d’une simple présence de logo. Il faut mener une vraie pédagogie sur la répartition entre l’achat de droits et le budget d’activation ».

Existe-t-il, selon vous, des secteurs d’activité encore réticents au sponsoring sportif ?

G.F. : « Oui, il existe encore des secteurs d’activité totalement hermétiques ou très exigeants en matière de retour sur investissement immédiat. Cependant, de nouveaux segments émergent. C’est le cas des marques de produits de la grande distribution (alimentaire, cosmétique, …), dont j’anticipais l’arrivée dans le marketing sportif depuis plusieurs années. La réussite sur ces nouveaux territoires nécessite de la patience, une valeur parfois difficile à faire valoir aujourd’hui ».

© Sport Business Club – Septembre 2026

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