Un mouvement de grève à la tour Eiffel a empêché un baptême prestigieux. C’est donc à quelques dizaines de mètres de la Dame de fer, dans les salons du 10e étage d’un hôtel de luxe, que le Marathon de Paris a dévoilé, mardi 8 septembre 2026, son nouveau visage, celle de ses nouveaux organisateurs, Cadence Running United (CRU). « Il nous reste sept mois jusqu’au 4 avril,» a d’emblée clamé Anne Murac, directrice générale du consortium constitué par Havas Events, Keneo et OSE, qui a ravi l’organisation de l’événement à Amaury Sport Organisation (ASO).
Sept mois et encore beaucoup de questions. Les parcours du marathon et du semi-marathon, prévu le 7 mars 2027 et également compris dans le contrat, restent secrets. Compte tenu de la physionomie de la capitale, celui du marathon ne devrait toutefois évoluer qu’à la marge par rapport à 2026. Pour le semi-marathon, ce sera une autre histoire. « Il changera tous les ans, a indiqué Anne Murac, ancienne responsable du cluster Île-de-France de Paris 2024. La course visitera les quartiers de Paris ». Un secteur différent devrait ainsi être mis en avant à chaque édition.
Médaille, ou pas ?
Laurent Sturtz, président de Cadence Running United, a promis, lui, « de faire une grande fête ». Le patron de l’EcoTrail de Paris aimerait rapprocher l’image du Marathon de Paris de celle de New York (États-Unis), où des centaines de milliers de spectateurs se massent le long du parcours. Cadence promet des “fan zones” réparties sur le tracé, notamment sur plusieurs places parisiennes. Outre l’animation, le nouvel organisateur veut réduire l’impact environnemental de l’épreuve. Le principe point déjà appliqué en 2026, sans gobelets ni bouteilles d’eau distribués aux coureurs, sera conservé. Les participants devront remplir leurs propres contenants. « Les points d’eau seront plus nombreux,» promet Laurent Sturtz. Ils devraient être installés tous les 2,5 kilomètres, contre 5 kilomètres auparavant.
Plus symbolique, chaque participant pourra choisir de recevoir, ou non, sa médaille à l’arrivée. Celle-ci restera comprise dans le prix du dossard. Le tee-shirt collector deviendra en revanche une option payante. Ce choix sera effectué au moment de l’inscription, qui passera désormais par une loterie. La plateforme à juste ouvert et les candidatures seront possibles jusqu’au 30 septembre. À partir du 1er octobre, les personnes tirées au sort recevront un message et disposeront de 72 heures pour confirmer leur engagement et payer leur dossard : 169 euros pour le marathon et 79 euros pour le semi-marathon. Les licenciés de la Fédération française d’athlétisme bénéficieront d’une réduction de 5 %.
Autre volet stratégique pour Cadence : l’inclusion. Au total, 2 000 dossards “passerelle”, soit 1 000 pour chaque épreuve, seront proposés à tarif réduit. Ils coûteront 50 euros pour le marathon et 25 euros pour le semi-marathon et seront réservés notamment aux bénéficiaires du RSA, de l’allocation aux adultes handicapés, aux étudiants boursiers sur critères sociaux et aux demandeurs d’emploi. Des dossards “engagés”, associés à une cause, seront également disponibles. Une plateforme officielle de revente des inscriptions sera mise en place. Un salon du running sera aussi organisé avant le week-end de chaque course.
Combien de coureurs ?
Cadence souhaite également faire progresser la place des femmes dans le peloton. Des contenus pédagogiques destinés à encourager leur pratique seront lancés. L’objectif est d’atteindre la parité en 2030. Une ambition qui devra toutefois composer avec le principe aléatoire du tirage au sort. Les organisateurs assurent qu’aucun passe-droit ne sera appliqué dans la loterie. En revanche, les jauges n’ont pas été dévoilées : 60 000 comme pour 2026, plus, ou mois ?
CRU a présenté ses ambitions, mais pas ses moyens financiers. Interrogés sur ce point par SportBusiness.Club, les dirigeants sont restés discrets. « Il sera publié après coup dans un bilan présenté au Conseil de Paris,, a-t-il été répondu. Le contrat de concession, attribué pour les éditions 2027 à 2030, prévoit par ailleurs une redevance minimale versée à la Ville de Paris de 3,5 millions d’euros par an. Quelques sponsors ont déjà été présentés : Asics, namer du marathon, Hoka, pour le semi, Schneider Electric pour le marathon ou Hyundai qui n’a opté que pour le semi.
Il reste donc moins de sept mois aux équipes de CRU pour boucler leur version du marathon et du semi-marathon de Paris. Autant dire qu’il s’agit déjà d’un sprint. Pour l’heure, les équipes ne disposent pas encore de locaux fixes. Un siège doit être trouvé pour accueillir une structure permanente qui devrait dépasser une vingtaine de salariés. Elle pourra aussi s’appuyer sur les expertises des collaborateurs des trois agences actionnaires. Le Marathon de Paris doit enfin servir de vitrine à Cadence Running United, dont les statuts prévoient un développement dans l’organisation d’autres événements sportifs.
© SportBusiness.Club – Septembre 2026