7 décembre 2025

Temps de lecture : 1 min

Le skipper Sébastien Marsset lance un modèle de sponsoring “autofinancé”

Un modèle financier inédit veut rendre le sponsoring voile accessible sans ponctionner la trésorerie des entreprises. Sébastien Marsset en fait le pivot de son projet Vendée Globe 2028.

Tel un alpiniste, c’est une nouvelle voie qu’ouvre Sébastien Marsset. Le skipper nantais, vingt-septième du Vendée-Globe 2024/2025 avec un Imoca ancienne génération, a, lors d’un webinaire diffusé jeudi 4 décembre 2025, présenté un nouveau concept pour le sponsoring sportif. Avec son projet, baptisé Cap Agir ensemble, il propose une approche transformant la dépense marketing en investissement : les partenaires ne mobilisent plus leur budget opérationnel mais placent des fonds dont la performance finance le projet sportif.

Le mécanisme repose sur un principe simple : le capital reste intégralement conservé par l’entreprise, garanti et disponible à tout moment. Seul le rendement du placement sert au sponsoring. Ce modèle, développé avec son team manager Julien Chany, issu de la gestion patrimoniale, propose ainsi une forme de finance circulaire : la trésorerie des partenaires est investie, la surperformance est partagée et réallouée. Sébastien Marsset, qui vise un Top 10 dans le Vendée-Globe 2028/2029 résume ainsi : « Pour beaucoup de dirigeants, ce sera la première fois qu’un sponsoring Imoca pourra devenir accessible sans toucher au budget opérationnel ».

“Sponsoring Bonds”

Pour structurer l’opération, l’équipe a travaillé avec la société d’investissement TP-ICAP, qui annonce une rentabilité cible de 6,5% par an sur quatre ans. La mécanique prévoit qu’1 % de ce rendement soit versé en mécénat à un fonds de dotation baptisé Handicap Agir Ensemble, et que 5% financent directement l’écurie voile. Un million d’euros investis généreraient environ 65 000 euros par an, dont 50 000 euros alloués au projet sportif. Les partenaires, eux, conservent pleinement leur capital, qui reste mobilisable à tout moment sans contrainte de durée.

Ce montage s’apparente à des “sponsoring bonds”, sur le modèle d’emprunts obligataires fléchés vers un projet. Dans l’idéal, si le total placé atteignait 20 millions d’euros sur quatre ans, le projet serait totalement autofinancé grâce aux rendements, tout en laissant le capital aux partenaires. Ce montant serait la condition nécessaire selon le navigateur de viser un top 10 lors de la prochaine course autour du monde. Le skipper défend une approche “sobre et performante”, cohérente avec son parcours récent, et entend démontrer que la course au large peut expérimenter des modèles financiers plus responsables tout en sécurisant les partenaires et en soutenant une cause sociale.

© SportBusiness.Club — Décembre 2025

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