Depuis trois jours, les navigateurs de la Route du Rhum, partis dimanche 1er novembre 2026 de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), affrontent les éléments en plein Atlantique. De quoi offrir des images spectaculaires. Mais contrairement au football ou au cyclisme, aucun photographe ne peut suivre les athlètes en permanence au large. Les agences spécialisées doivent donc travailler différemment, en amont, avec un autre modèle économique.
« Historiquement, notre modèle repose sur des contrats avec les écuries de course, ainsi qu’avec des équipementiers nautiques ou des acteurs industriels », explique Yann Riou, cofondateur de Polaryse, agence photo et vidéo spécialisée dans la voile. Créée en 2018 avec Éloi Stichelbaut, la structure compte aujourd’hui dix collaborateurs et réalise les trois quarts de son activité dans la course au large.
Ancien ingénieur chez Groupama et navigateur, Yann Riou est devenu, un peu par hasard, reporter embarqué lors de la Volvo Ocean Race 2011/2012. Il a appris ce métier sur le terrain et accompagné depuis la transformation du marché de l’image et du reportage. « En dehors de la Route du Rhum ou du Vendée Globe, la demande télévisuelle était limitée à l’époque », se souvient-il. L’arrivée des réseaux sociaux et du drone a changé la donne, selon lui : « Nous avons été submergés de commandes dès le départ. »
Photos, documentaires et web-séries
Aujourd’hui, la vidéo représente 80% de l’activité de Polaryse, contre 20% pour la photographie. La société alimente les banques d’images de ses clients, qu’il s’agisse d’écuries ou d’organisateurs. Son modèle repose sur la cession de droits d’exploitation, plutôt que sur la vente directe des images. L’agence réalise aussi des documentaires et des web-séries. Pour Gitana Team, son principal client historique, elle produit notamment “Flying Offshore”, une série déclinée sur quatre saisons.
Polaryse intervient également comme prestataire des producteurs exécutifs lors des grandes courses. Pour le départ de la Route du Rhum, l’agence a affrété un hélicoptère afin de réaliser des photos et des vidéos réservées à ses clients. Autre activité : la production clé en main de clips destinés aux réseaux sociaux des skippers ou de leurs sponsors. L’agence récupère les images tournées de manière autonome à bord des bateaux, notamment avec des smartphones. Les rushes sont ensuite transférés à terre, montés et habillés avec les logos des partenaires.
© SportBusiness.Club – Novembre 2026