19 juillet 2026

Temps de lecture : 1 min

Tour de France. La chasse aux bidons pour le public

Sur les routes du Tour de France, des collectionneurs traquent les gourdes des coureurs. Un marché de passionnés qui se joue aussi près des bus des équipes.

« Ramasser un bidon en plein Tour de France, c’est repartir avec un morceau de la course encore chaud ». Pour les “bidonophiles”, la gourde cycliste est bien plus qu’un accessoire destiné à hydrater le peloton. Cédric Raeymaekers et Guillaume Horgnies, deux collectionneurs belges, en ont chacun accumulé plus de six milles. Leur passion les conduit sur environ trente week-ends de courses chaque saison, avec l’ambition de “sauvegarder un patrimoine populaire du cyclisme”.

Pour Guillaume Horgnies, l’histoire a débuté à huit ans. « J’avais alors ramassé le bidon jeté par un coureur lors d’une course espoirs organisée en Belgique par mon grand-père. La machine était lancée ». Vingt ans plus tard, « on est comme des enfants qui s’échangent des vignettes Panini,» sourit-il. Les objets, en polyéthylène, s’entassent désormais sur des étagères qui occupent une grande partie de son logement. La quête impose aussi de renoncer au spectacle : « Souvent, on ne voit rien de la course, c’est frustrant,» concède Cédric Raeymaekers.

Des pièces rares

Les arrivées et les bus des équipes sont des points de collecte stratégiques. « Les glacières se vident après les courses. Les soigneurs jettent les bidons qui n’ont pas été utilisés car les poudres isotoniques, ça ne se garde pas ». Les équipes professionnelles restent les plus accessibles. « Une même équipe peut sortir quatre bidons différents sur une même saison : il y a des éditions spéciales ». Les pièces rares proviennent plutôt des formations amateurs ou nationales. Guillaume Horgnies possède ainsi des bidons des Jeux olympiques de Rio (Brésil) en 2016 ou de Pékin (Chine) en 2021, « sans sponsor, juste le nom du pays ».

La valeur se joue parfois dans un détail. « Je pousse le vice jusqu’à différencier un même bidon par la tétine,» explique le collectionneur : bleue pour l’eau, rouge pour les boissons sucrées, verte pour l’isotonique. Les réseaux sociaux ont ouvert cette pratique à l’international, grâce aux échanges avec des amateurs espagnols, portugais ou italiens. Cette passion coûte “plusieurs milliers d’euros” en voyages et en rangement. La question de la transmission de cette collection unique se pose aussi. « J’aimerais la faire vivre », indique Cédric Raeymaekers, qui avait exposé ses pièces pour ASO à Binche (Belgique). La canicule sur le Tour 2026 devrait, elle, multiplier les occasions de collecte. (Avec AFP)

© Sport Business Club – Juillet 2026

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