Interview. Durant l’été 2024, Airbnb affirme avoir hébergé 750 000 personnes en Ile-de-France à l’occasion des Jeux de Paris. Un chiffre que la plateforme de réservation d’hébergement aimerait bien réitérer dans quatre ans pour les Jeux d’hiver des Alpes françaises 2030. Partenaire mondial du mouvement olympique jusqu’en 2028, la plateforme américaine n’a pas encore prolongé jusqu’à l’échéance française. Mais en interne on compte “participer au succès de l’événement”, comme l’a déclaré Clément Eulry, directeur d’Airbnb France, lors de la présentation d’une enquête IFOP sur le tourisme. Celle-ci révélé que plus des trois-quarts des Français pratiquent une activité physique de plein air pendant leurs vacances.
Airbnb va-t-il prolonger son partenariat avec les Jeux olympiques jusqu’à 2030 ?
Clément Eulry : « Nous sommes partenaires mondiaux du Comité International Olympique (CIO) jusqu’aux Jeux de Los Angeles en 2028. Concernant les Jeux d’hiver des Alpes 2030, la question est de savoir comment contribuer au mieux au succès de cet événement. Plusieurs approches sont possibles. Ce qui est certain, c’est qu’Airbnb dispose d’hébergements partout en France, dans 29 000 communes, et notamment en montagne et à proximité des futurs sites de compétition. Au-delà de l’hébergement, nous souhaitons renforcer notre offre d’expériences proposées par les hôtes. Les spectateurs ne viennent pas seulement pour assister à une épreuve de deux heures : ils séjournent plusieurs jours sur place ».
Deux événement sportifs majeurs vont s’enchaîner : la Coupe du Monde masculine de football et le Tour de France cycliste*. Comment appréhendez vous ces échéances stratégiques pour Airbnb ?
C.E. : « C’est une chance et un honneur d’être partenaire de ces deux événements fantastiques. La Coupe du Monde de football est un moment unique de rencontres entre voyageurs et hôtes issus de pays différents. C’est l’expression même de l’ADN d’Airbnb : favoriser la rencontre et l’accueil lors de grands événements. Rappelons qu’Airbnb est né il y a 17 ans lors d’une conférence de design à San Francisco, lorsque les fondateurs ont installé un matelas gonflable dans leur salon parce que les hôtels étaient complets pour les congressistes ».
En tant que branche française, vous serez plus intéressés par le Tour de France…
C.E. : « Oui, ce sera notre temps fort personnel. L’ADN du Tour et celui d’Airbnb sont parfaitement alignés. C’est un événement populaire qui valorise la diversité des territoires français, en particulier la ruralité. Nous allons continuer à mettre en avant nos hébergements et à créer des expériences avec des locaux ou des experts célèbres. Cette deuxième année de partenariat est une opportunité clé pour nous développer en zone rurale, là où le Tour traverse de petits villages, et pour y faire connaître notre offre ».
Observez-vous une corrélation entre le tracé du parcours du Tour et les réservations d’hébergements ?
C.E. : « Oui, c’est une réalité. Beaucoup de spectateurs ne possèdent pas de camping-car et cherchent à louer un logement pour quelques nuits afin de profiter du passage de la course et des alentours. D’ailleurs, notre partenariat permet de réserver directement via le site du Tour de France. Cependant, notre ambition globale est de valoriser la diversité des hôtes partout en France pour inciter les Français à redécouvrir leur pays, notamment en dehors des zones côtières très touristiques. Nous ne visons pas seulement un pic de réservations à une date précise dans une ville étape, mais une dynamique sur tout l’été et sur l’ensemble du territoire ».
Airbnb sera-t-il présent dans la caravane publicitaire du Tour de France ?
C.E. : « Non, vous ne verrez pas Airbnb dans la caravane. C’est un choix délibéré. Mon enjeu n’est pas la visibilité brute de la marque, mais celle des hôtes et des territoires. Lorsque nous mettons en lumière l’une des 24 000 communes où l’on trouve un Airbnb mais où il n’y a aucun hôtel, nous encourageons les gens à y séjourner. Notre sujet, c’est la valorisation des territoires par l’expérience plutôt que par l’affichage publicitaire classique ».
Quelle est votre position sur le sponsoring d’événements liés au tourisme sportif ?
C.E. : « Nous privilégions l’ancrage territorial au “naming”. Par exemple, la semaine dernières nous étions partenaires du Région Pays de la Loire Tour. Pourquoi le cyclisme ? Parce que c’est une véritable carte postale envoyée au monde, diffusée dans 80 pays. Cela permet de montrer la diversité d’une région, ce qui est crucial pour Airbnb. Plutôt que de chercher à citer notre nom, nous voulons mettre en valeur ce qui rend ces territoires attractifs et donner envie aux voyageurs de venir les découvrir ».
Entretien : Titouan Laurent
© SportBusinessClub – Avril 2026