A Briançon, sous la pluie, Alpes 2030 a dévoilé ses emblèmes
Alpes 2030 a levé le voile sur ses deux emblèmes. Un signal graphique et politique pour relancer, enfin, la dynamique de ces Jeux d'hiver.
La pluie s’est invitée jeudi 18 juin 2026 à Briançon (Hautes-Alpes) pour le dévoilement des emblèmes des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver des Alpes 2030. Sans doute un clin d’œil malicieux de Paris 2024. L’instant était pourtant important. Désormais, ces Jeux ont un visage, enfin un logo. Même deux : un pour les Jeux olympiques, un autre pour les Jeux paralympiques. C’est le Comité International Olympique qui l’a demandé.
Les deux emblèmes, signés par l’agence Saint-Lazare sous la direction de Mathieu Sakkas, directeur de la marque et de l’image des Alpes 2030, répondent au slogan du Comité d’organisation : “Éclairons la montagne, Inspirons le monde”. Tout un programme. De l’ombre naît la lumière et les ténèbres deviennent créatives et inspirantes, expliquent les responsables des Alpes 2030. De là à y voir un symbole mystique ou christique…
L’Alpenglow
La création repose sur deux signes complémentaires. Les emblèmes olympique et paralympique des Alpes 2030 sont distincts, mais construits comme les deux expressions d’une même identité. Leur dessin s’inspire des reliefs alpins et de la diffraction de la lumière à l’aube au sommet de la Pointe Percée, dans les Aravis. La référence à l’Alpenglow, ce moment où le soleil colore la neige et la glace, guide la palette graphique. Le bleu évoque l’altitude et la profondeur. Le rose et le rouge traduisent l’énergie de l’événement.
Plus concrètement, aussi symbolique soit-il, cet événement n’est surtout pas anecdotique. Enfin, les choses semblent s’accélérer positivement pour les Alpes 2030. À moins de quatre ans du début des compétitions, le Comité d’organisation (Cojo) s’engage dans l’action. jeudi, en fin d’après-midi, les couleurs étaient de sortie, les fanions s’agitaient et les athlètes se sont succédés sur la scène de la capitale briançonnaise, au cœur de l’un des clusters des Jeux.
Désormais, les déboires et les rebondissements malheureux qui se sont succédés jusqu’à ces dernières semaines paraissent loin derrière. Même si certains, comme Renaud Muselier, président du conseil régional Provence-Alpes-Côte d’Azur, n’ont toujours pas digéré l’épisode niçois. « La cérémonie de dévoilement des emblèmes devait se dérouler à Nice… mais c’est uniquement de leur faute si finalement ça se déroule à Briançon, et c’est très bien !», a lancé l’élu.
Express des Jeux
Le nombre de personnalités présentes est aussi un bon indicateur. Il montre que le projet est relancé : Marina Ferrari, ministre des Sports, tout juste rentrée de la Coupe du monde de football aux États-Unis ; Amélie Oudéa-Castéra, présidente du CNOSF ; Marie-Amélie Le Fur, son homologue au CPSF ; et de nombreux élus locaux, dont le maire de Val d’Isère (73), venu en voisin. Celui-ci était-il aussi peut-être présent pour appuyer la candidature de la station savoyarde dans le plan des sites, qui sera acté le 29 juin prochain. Près d’une centaine d’autres élus avaient, eux, pris le train depuis Marseille (Bouches-du-Rhône) dans un TER exceptionnellement estampillé “Express des Jeux”.
Finalement, la pluie et l’orage ont fini par se calmer. Malgré cela, un ciel gris menaçant a plombé une partie des festivités programmées, notamment le spectacle pyrotechnique de drones. Cela n’a pas empêché l’organisation de cet événement, que beaucoup espéraient fédérateur pour le projet. D’ailleurs, pour la première fois, dans cette ville un peu endormie, s’est dégagé un semblant d’engouement et une envie de s’emparer de cet événement majeur qui mettra en 2030 le Briançonnais sous les feux des projecteurs.