Organisations. Deux salles, deux ambiances. Tandis que les joueurs de l’OGC Nice célébraient leur maintien en Ligue 1, grâce à leur victoire en barrage face à l’AS Saint-Étienne, vendredi 29 mai 2026, ailleurs, à la mairie de la cité des Alpes-Maritimes, l’ambiance n’était pas à la fête. Au contraire. Quelques heures plus tôt, le Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques (COJOP) des Alpes françaises 2030 venait d’annoncer que Nice perdait le “pôle glace” des Jeux. C’est Lyon (Rhône) qui devrait récupérer les épreuves olympiques et paralympiques.
Initialement prévues dans la capitale de la French Riviera, les épreuves de glace, patinage artistique, short-track, hockey sur glace et curling*, ont vu progressivement leur présence à Nice prendre du plomb dans l’aile depuis l’élection d’Éric Ciotti à la mairie. Fermement opposé à la mobilisation de l’Allianz Riviera, l’antre de l’OGC Nice, pour accueillir les matchs de hockey sur glace, l’édile n’a pas réussi à convaincre le COJOP et le Comité international olympique (CIO) avec ses solutions alternatives. Pire : ses prises de position ont, semble-t-il, exaspéré le mouvement olympique.
Un choix politique ?
Résultat, alors que le déménagement des épreuves de hockey sur glace était déjà quasiment acté, Nice devrait désormais perdre toutes les épreuves de glace. “[Des] travaux d’analyse ont été conduits avec célérité, objectivité et professionnalisme, sous l’autorité de Michel Cadot [directeur général du COJOP], indique un communiqué des Alpes françaises 2030 publié vendredi soir. Les solutions alternatives recherchées à Nice se sont révélées insatisfaisantes. La modification significative du concept initial, associée à la demande formulée par le CIO et les fédérations internationales de maintenir un pôle glace unifié, a conduit à rechercher un territoire adapté à l’accueil de l’ensemble des épreuves de glace.”
Présent dans les tribunes pour assister à la rencontre, le maire UDR (Union des droites pour la République) a dénoncé vendredi soir, en zone mixte de l’Allianz Riviera, “une décision honteuse et scandaleuse”. Éric Ciotti a porté cette décision sur le terrain politique : « On a préféré une ville d’extrême gauche à la ville de Nice pour sanctionner les Niçois. Je le dis avec gravité et colère ». Le Comité d’organisation des Alpes françaises 2030 se défend de tout arbitrage partisan : “L’approche du COJOP n’est dictée, dans cette situation qu’elle subit, que par l’intérêt sportif et la qualité du projet olympique et paralympique qu’il doit livrer.” Ambiance.
Pas de JO : des économies pour Nice !
Toutefois, Éric Ciotti semble avoir déjà tourné cette page olympique. « On n’aura pas les JO, ce n’est pas grave. On économisera 150 millions d’euros qu’on mettra dans le sport de proximité,» a-t-il confié plus tard, sans doute un peu rancunier, à quelques journalistes. Dans un communiqué publié vendredi 29 mai, le maire promet en effet que “140 millions d’euros de dépenses publiques initialement prévues pour les Jeux […] seront réorientés vers les clubs amateurs, les associations sportives, les jeunes licenciés, les familles et l’ensemble des pratiquants niçois, qui bénéficieront directement de cet investissement”.
Une nouvelle fois, le sport se retrouve à une place où il ne devrait pas être : au centre d’une polémique politique. Une habitude pour Éric Ciotti qui, fraîchement élu à Nice face au sortant Christian Estrosi et avec le soutien de l’extrême droite, avait annoncé le retrait des subventions publiques de l’Ironman 70.3 Nice, de l’Ultra-Trail Nice Côte d’Azur by UTMB et de l’International de pétanque. Des décisions qui devaient, selon lui, faire économiser 2,6 millions d’euros au budget de la ville.
Éric Ciotti se targue aussi d’avoir tenu sa promesse de ne pas priver l’OGC Nice de l’usage de son stade durant les Jeux. « Le directeur général du CIO m’a dit que l’immobilisation de l’Allianz Riviera, c’était a minima neuf mois. Je me suis battu pour que nous ayons toujours ce stade à destination de notre club, a-t-il insisté vendredi soir. On va jouer et on jouera ici, au plus haut niveau en 2030 ». La carte des sites des Jeux d’hiver des Alpes françaises 2030 devra être actée le 29 juin prochain par le CIO, à Lausanne (Suisse). Sans aucune compétition, Nice peut-elle encore conserver le Centre international de radio-télévision (IBC) des Jeux ?
Killian Tanguy, correspondant à Nice (Alpes-Maritimes), avec BF.
© SportBusiness.Club – Mai 2026
(*) Le patinage de vitesse sur grande piste devrait échoir aux Pays-Bas faute d’infrastructure en France