1 mars 2026

Temps de lecture : 2 min

À Nice, les patinoires des Alpes 2030 au cœur de la campagne électorale

À quatre ans des Jeux olympiques et paralympiques des Alpes françaises 2030, le projet sur le “cluster” de Nice se politise. Les candidats s’opposent sur les infrastructures de glace et l’usage de l’Allianz Riviera.

Bousculé dans sa gouvernance, en retard sur son agenda, le dossier des Jeux olympiques et paralympiques des Alpes françaises 2030 est, à quatre ans de l’échéance, brinquebalant. Et la politique s’en mêle et risque de freiner encore l’avancement du chantier. À Nice (Alpes-Maritimes), qui doit accueillir les compétitions sur glace, les candidats à la mairie s’étripent autour du projet des patinoires. Le sortant et candidat à sa succession, Christian Estrosi (Horizons), est challengé par Éric Ciotti (UDR), en tête des sondages et allié au RN. Tous deux souhaitent les Jeux, mais sont en désaccord sur les infrastructures.

Le projet initial, soutenu par Christian Estrosi, est la construction d’une nouvelle patinoire proche de l’Allianz Riviera. Elle recevrait les épreuves de patinage artistique et le short-track. À côté, deux patinoires temporaires seraient installées dans le stade de l’OGC Nice : une de 18 500 places, la seconde de 12 000. Séparées par un immense rideau, elles accueilleraient les tournois de hockey sur glace dans une enceinte qui bénéficierait d’une couverture éphémère.

Enfin, un troisième site, le Palais Nikaïa, serait aménagé pour le curling. Le dossier du Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques (COJO) a chiffré ces emménagements à près de 220 millions d’euros. Une partie serait financée par la Solidéo (Société de livraison des ouvrages olympiques), en particulier la construction de la nouvelle infrastructure.

Un plan JO “alternatif”

Un schéma auquel est opposé Eric Chiotti. Lors d’un meeting, samedi 28 février à Nice, le député a, de nouveau, assuré être « favorable à ce que les Jeux olympiques aient lieu à Nice », rappelant au passage qu’il avait voté la loi olympique à l’Assemblée nationale. Il plaide cependant pour « un projet alternatif ».

Déjà, Éric Ciotti est opposé à la construction du village olympique à proximité de l’Allianz Riviera. Lui, le mettrait sur le site de la caserne Auvare, ancienne place militaire devenue centre de rétention administratif. Son futur village olympique serait, comme celui prévu dans les plans et dont 15 000 mètres carrés ont été gelés par la mairie, lui aussi transformé après les Jeux en logements, principalement pour les étudiants.

Concernant les patinoires, le candidat d’extrême droite préfère la simplification : une grande dans le palais des expositions, transformé ensuite en palais des Sports ; une seconde dans l’actuelle patinoire du site Jean-Bouin, rénovée et laissée ainsi en héritage au club local, le Nice Hockey Élite, sociétaire de la Ligue Magnus. Surtout, dans ce plan, l’Allianz Riviera ne serait pas impactée par les compétitions olympiques.  « En aucun cas nous ne l’utiliserons parce que ça priverait l’OGC Nice de son stade, ce qui serait totalement inacceptable », a-t-il expliqué lors de cette réunion publique. Un projet soutenu par Guy Drut, membre français du CIO et soutien d’Eric Ciotti.

L’Allianz Riviera au centre

Cette alternative pourrait aussi avoir l’aval de Jean-Pierre Rivère, le président de l’OGC Nice, présent à la réunion. Faute de pouvoir avoir l’usage de son enceinte, ce dernier craint le long déménagement du Gym dans le nouveau stade de rugby de la ville promis par Christian Estrosi. Dimanche 1er mars dans Nice-Matin, Edgar Grospiron, le président du Cojo des Alpes 2030, a précisé que « l’immobilisation […] s’étendrait du 8 décembre au 15 mars ». Cela représente une période de plus de trois mois et environ une dizaine de matchs pour l’OGC Nice.

« Il faut arrêter de mentir aux Niçois au sujet des JO, a déclaré Jean-Pierre Rivère dans Nice-Matin. Nous souhaitons recevoir [les Jeux] nous aussi, mais il y a d’autres projets alternatifs que cette solution trouvée à quinze jours du premier tour. » Qu’en diront les supporters de l’OGC Nice au moment de mettre leur bulletin dans l’urne lors des deux tours des élections municipales, les 15 et 22 mars prochains ? Pour les Alpes 2030, l’horloge tourne !

Killian Tanguy, correspondant à Nice (Alpes-Maritimes)
SportBusiness.Club – Mars 2026

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