Décidément, rien ne va plus au sein du Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques des Alpes françaises 2030. La structure est à peine naissante et déjà les départs se succèdent. Le dernier annoncé pourrait être celui du Directeur général, Cyril Linette, selon les affirmation du quotidien Le Parisien mardi 10 février 2026. Arrivé il n’y a que quelques mois, l’ancien patron des sports de Canal+ et de L’Equipe, négocierait son retrait. Une réunion d’urgence du Bureau exécutif du Cojo français a été annoncée pour la soirée.
A maintenant moins de quatre ans de l’événement, il y a le feu dans la maison Alpes 2030. Et les pompiers se font attendre. Une nouvelle fois, la Ministre des Sports, Marina Ferrari pourrait taper du poing sur la table. Mais pour quels résultats ? La crise semble bien plus profonde. Si cela peut prêter à sourire, la guerre entre “montagnards” et “Parisiens” paraît bien réelle. Edgar Grospiron, le président des Alpes 2030, qui avait choisi Cyril Linette comme Directeur général, l’avait évoqué à demi-mot devant les membres du CIO, il y a une semaine à Milan (Italie).
Les “Montagnards” revendiquent la connaissance du territoire et le succès d’événements sportifs récurrents telles des Coupes du mondes ou même des championnats du monde, Ils ne supporteraient plus les “Parisiens” du Cojo Alpes 2030. Ces derniers sont en grande partie d’anciens de Paris 2024. Eux revendiquent un savoir-faire et une expertise dans différents domaines obtenus avec les Jeux parisiens de l’été 2024. Ils pourraient, selon certaines sources, faire preuve d’une certaine arrogance envers les premiers.
Marina Ferrari, la Montagnarde
C’est, en tout cas, la vision apportée par un des acteurs des Jeux. A Milan, en marge des Jeux olympiques d’hier, celui-ci a confié à quelques journalistes, dont SportBusiness.Club, avoir justement joué les pompiers auprès d’édiles montagnards : « Ils étaient échauffés après avoir reçu la visite d’un “Parisien”». Bonjour le climat. Autant dire que le couple formé par Edgar Grospiron, président des Alpes 2030 et Montagnard, et Cyril Linette, Directeur général et Parisien avait, dès le départ, du plomb dans l’aile. Ce dernier a récemment été rappelé à l’ordre pour ne pas rester suffisamment dans l’ombre du Boss.
« Oui, je suis une Montagnarde, mais je suis aussi une urbaine : j’ai un pied des deux côté,» a, de son côté, lâché avec le sourire Marina Ferrari durant un point presse informel. Malgré tout, la ministre des Sports reste une vraie défenseuse de son territoire. « C’est vrai que dans nos pays de montagne, on a un caractère, on a aussi une culture, a-t-elle poursuivi. Nos élus, ce sont ceux qui connaissent le mieux le territoire. Ils savent comment aménager la montagne. Il faut leur parler correctement ».
Etienne Thobois dans les parages
La ministre pourrait être un des médiateurs nécessaires pour faire avance, sereinement, le projet. Elle n’est pas la seule. Etienne Thobois, ancien Directeur général de Paris 2024 est toujours en mission pour le CIO. « Il avait un volume d’heures à réaliser, et il restait encore des crédits,» a informé un représentant du mouvement olympique. Ce professionnel plutôt discret pourrait jouer un rôle important pour remettre tout le monde sur les rails, et dans la bonne direction.
Le nécessaire dialogue risque de ne pas être simple, donc. Et pourtant, Montagnards et Parisiens devront tout de même s’entendre afin de livrer ces Jeux d’hiver de 2030, décernés à la France. Une Coupe du Monde de biathlon au Grand Bornand ou de descente à Val d’Isère n’a rien à voir avec des épreuves olympiques, où logistique et emmerdes sont multipliés par dix. C’est là que le savoir faire d’ancien de Paris 2024 peut aider. Mais il faudra le faire en douceur au risque de faire exploser la facture publique uniquement pour des questions d’ego. (Article modifié)
Bruno Fraioli, envoyé spécial à Milan (Italie)
© SportBusiness.Club – Février 2026